Afin de vous donner envie de partir en montagne cet été, nous sommes allés à la rencontre de Gérard (un client, un ami du magasin… que rien n’arrête !) et de son équipe. Ensemble ils ont récemment relevé un beau défi : rejoindre les Pyrénées à VTT en empruntant le GR7.

Par élégance, nous tairons la moyenne d’âge de l’expédition… mais peu importe ! L’essentiel est de mettre en lumière des histoires vécues qui donnent envie de partir à l’aventure.

Voici donc, à travers ces quelques lignes, un peu de fraîcheur en ces temps caniculaires…

Comment est née l’idée de parcourir le GR7 en VTTAE ?

Certainement le soir où sept bougies sur ce gâteau d’anniversaire ont éclairé la pièce, de grandes bougies qui marquent le temps. Un peu le jour où nous avons croisé les balises du GR7 quelque part dans la Sierra de Beceite ou sur la Sierra Nevada, au fin fond de l’Andalousie, ce jour où nous nous sommes plu à penser qu’en suivant ce chemin, nous nous retrouverions au pied du mont Mézenc. Peut-être un matin d’hiver sur l’antécime enneigée du rocher d’Abraham, au pied de la statue, en contemplant l’Ardèche tout en bas, avec le Gerbier à portée de main.

Certainement un peu de tout cela pour cette idée de vagabondage en VTTAE sur ce chemin de crêtes qui sépare les eaux du ciel entre la Grande et la Petite Mer. Une itinérance autour du chiffre 7, en remerciement au hasard qui nous a fait naître ici et comme un pied de nez au temps qui passe.

Nous nous sommes plu à penser qu’en suivant ce chemin, nous nous retrouverions au pied du mont Mézenc

Peux-tu nous présenter en quelques mots l’équipe embarquée dans cette aventure ?

Les souvenirs ne valent que s’ils sont partagés ; il faut des compagnons pour cette route. L’idée est lancée un soir autour de quelques bières. Bernard, Michel, Jean-Paul, Gérard : un groupe de quatre, auquel s’ajoute Claude, venu en renfort pour deux sessions, mais rappelé malgré lui à des tâches moins sympathiques.

Les souvenirs ne valent que s’ils sont partagés ; il faut des compagnons pour cette route.

Comment avez-vous préparé un tel projet ? Logistique, assistance, hébergements, gestion des batteries et des recharges, retour au point de départ… raconte-nous les coulisses.

Un fourgon, conduit à tour de rôle, transporte la logistique et apporte du confort à l’étape. Pas de gros sac, pas de vélo chargé : nous voulons « piloter » sans subir. Pas de réservation non plus ; nous ferons au gré de nos envies, en fonction de la météo, de la motivation et de l’état du sentier.

Partir de Privas pour certains, d’Aubenas ou de Vogüé pour d’autres, se retrouver à Lachamp-Raphaël, direction le Mézenc, point culminant de l’Ardèche, terminus de la première étape hors GR7. Puis les Estables, chez un Ardéchois émigré en Haute-Loire, à portée de vue du suc de Montivernoux.

La suite de l’itinéraire suivra les marques rouges et blanches du GR7 jusqu’au col de Portella Blanca, en Andorre, point culminant du GR7 en France avec ses 2 517 mètres, le dernier « 7 » de l’itinéraire. Globalement, entre 600 et 700 km plus loin, pour 20 000 à 25 000 mètres de dénivelé positif.

Cap au sud, sur la ligne de partage des eaux. Nous avons dix jours devant nous ; nous passerons huit jours et demi sur le vélo. Le plateau ardéchois, la Gardille, le mont Lozère, l’Aigoual, Navacelles, le Caroux, la haute vallée de l’Aude, le Capcir… certainement des paysages grandioses, un pays magnifique.

Le GR7 n’est pas un itinéraire VTT ; nous le soupçonnions, à présent nous le savons.

Comme dans toute aventure, il y a sans doute eu quelques moments plus compliqués. Quels ont été les principaux défis rencontrés (météo, incidents mécaniques, fatigue…) ?

Le GR7 n’est pas un itinéraire VTT ; nous le soupçonnions, à présent nous le savons. Malgré cela, beaucoup plus de plaisirs que de galères. Même si la traversée intégrale du Caroux nous laissera des souvenirs impérissables, en particulier sur la gestion de l’effort en terrain très particulier. Bref, sur cette portion, nous avons porté et poussé beaucoup plus que les autres jours.

La chute et la blessure de Jean-Paul marquent à l’évidence les seuls moments vraiment désagréables. Là où nous nous y attendions le moins. Après tant de passages délicieusement sucrés, salés, voire épicés, après quelques émotions tues par pudeur, sur un sentier anodin, le hasard a jeté un mauvais sort.

Jean-Paul a terminé l’étape le bras en écharpe, serrant les dents avec courage pour nous éviter d’avoir à organiser un rapatriement problématique. Impossible pour lui de poursuivre le voyage.

Le lendemain, un peu émoussés par nos portages, nos poussages et la blessure de JP, nous décidons de rejoindre directement le terminus de l’étape suivante. Le ciel est gris de nuages. La suite, en haute vallée de l’Aude, dans des Pyrénées encore largement enneigées mais sous une météo clémente, est une véritable apothéose.

Côté mécanique, un rayon et une chaîne cassés, c’est-à-dire presque rien. Les vélos sont fiables. Quatre vélos AMC 7 sur ce voyage, pour ajouter un porte-bonheur à la liste des « 7 ». Merci pour les batteries et les chargeurs supplémentaires, indispensables sur des étapes de 80 à 100 km.

Et à l’inverse, quels sont les meilleurs souvenirs que vous gardez de cette expérience ?

Ce qu’il reste… La bienveillance et l’attention réciproques dans les passages les plus tendus. Les émerveillements partagés. Ces poussières de bonheur qui mouillent le coin de l’œil.

Une suite de prévue ?

La suite… ? Le GR7 poursuit, après l’Andorre, sa route sur près de 1 700 km jusqu’à Tarifa, le point le plus au sud de l’Europe, aux colonnes d’Hercule, face à l’Afrique. Il y a encore de la place pour le rêve.

Crédits photos : Gérard Moulin